Rapport
La bande de Gaza vit un blocus inhumain depuis plus de six ans. Les tunnels restaient des points de respiration économique. Mais ces tunnels viennent d’être fermés. Et rapidement, leur fermeture a empiré les conditions de vie humaines et économiques de la Bande, déjà tant difficiles. Puis vient la fermeture du passage terrestre, qui a coupé la Bande du monde, complètement.
C’est le carburant qui a été touché le premier. Son manque a rapidement touché les privés pour leurs voitures, mais surtout la centrale électrique de Gaza, les hôpitaux et centres médicaux, tous les centres de services.
Longues queues de voitures et de gens devant les stations-services, dans toutes les villes de la bande de Gaza, dans l’espoir de s’approvisionner un maximum en carburant, avant que la crise ne s’empire encore plus.
Ces dernières années, quelques quantités de carburant entraient par les tunnels, laissant la bande de Gaza respirer un peu face au blocus sioniste.
C’est le gouvernement palestinien lui-même qui a décidé de fermer les tunnels, dimanche 5 août 2012, suite à l’attaque armée du Sinaï où seize gardes-frontières égyptiens ont trouvé la mort. Le gouvernement palestinien voulait montrer sa bonne foi, montrer qu’il est prêt à travailler main dans la main avec les frères égyptiens pour trouver les coupables, même si rien ne prouve qu’un habitant de Gaza était impliqué dans ladite attaque.
Al-Hindi, 35 ans, est un chauffeur de taxi. Il informe notre envoyé qu’il n’a pas réussi à obtenir ne serait-ce qu’un litre d’essence, après quatre heures d’attente. Le chauffeur ne possède de l’essence que pour une seule journée, puis plus rien.
Après l’accord Morsi-Haniyeh permettant l’entrée de dix camions de carburant qatari, la centrale électrique a travaillé à plein régime. Mais la crise actuelle de carburant a poussé l’affaire à la case départ et l’électricité commence à s’interrompre plus de dix-huit heures par jour.
Hatem Abdou Al-Alem possède un magasin de produits gelés. Il dit que la situation est très grave : « Il y a moins de période avec le courant que sans. Pire, nous n’avons pas de carburant pour faire fonctionner nos générateurs privés. Nous subissons de grandes pertes. Je pense fermer ma boutique, sérieusement. Mes pertes à répétition me brisent le dos ».
Dr. Achraf Al-Qodra, porte-parole du ministère palestinien de la santé, dit que la fermeture du point de passage de Rafah ferme la porte vers le monde extérieur devant les malades de la bande de Gaza. En effet, beaucoup de malades, faute de médicaments, n’ont aucune autre solution que d’aller trouver le soin nécessaire à leur cas à l’extérieur de la bande de Gaza.
La fermeture des tunnels a eu des effets négatifs sur la construction. Les prix du ciment, du fer et d’autres produits ont immédiatement augmenté. La tonne de ciment a vu son prix doubler, dit l’entrepreneur Ali Al-Laham. Les affaires pourraient être pires si cela continuait de cette façon.
Le problème, c’est que les entrepreneurs ayant signé des contrats avec les anciens prix ne peuvent les honorer. Le chômage sera une des conséquences directes de la crise.
Le manque de beaucoup de produits vitaux mettra la bande de Gaza dans une catastrophe humanitaire et économique sans précédent.
Plus de trois mille fidèles veulent aller à la Mecque, mais le seul point de passage qui était ouvert est actuellement fermé. Et cette fois aussi, les fidèles vont perdre leurs billets et les réservations d’hôtels à la Mecque et à Médine.
Puis les fidèles palestiniens se trouvant déjà à la Mecque, comment peuvent-ils retourner chez eux ? Comment feront les étudiants et ceux qui sont en voyage ? Pourquoi le peuple palestinien est toujours puni pour des crimes qu’il n’a commis ?