L’eau polluée affecte négativement la santé de la population de Gaza, Rapport

9 سبتمبر/أيلول 2012 الساعة . 01:44 م   بتوقيت القدس

 

La population de Gaza — qui se chiffre actuellement à environ 1,64 million d’habitants, mais qui croît rapidement et devrait compter 500 000 âmes de plus d’ici 2020 — pourrait bientôt perdre sa principale source d’eau douce. L’aquifère côtier pourrait en effet devenir inexploitable d’ici 2016 et les dommages pourraient être irréversibles d’ici 2020.

Le   responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Gaza, Mahmud Daher, la plupart des Gazaouis ne peuvent pas consommer plus de 70 à 90 litres d’eau par personne et par jour, soit une quantité inférieure aux 100 litres minimum recommandés par l’OMS.

 « Nous sommes témoins de maladies respiratoires, cutanées et oculaires et de gastroentérites, qui peuvent toutes être liées à la pollution de l’eau », a dit Mohamed al-Kashef, directeur général du département de coopération internationale du ministère de la Santé à Gaza .

L’une des maladies infantiles liées à la pollution de l’eau est la méthémoglobinémie, ou « syndrome du bébé bleu », qui touche des nourrissons nés dans la bande de Gaza. La maladie serait causée par le taux élevé de nitrates dans les nappes phréatiques.

Selon Mahmud Daher, la diarrhée, qui est devenue très courante dans la bande de Gaza, serait liée aux mauvaises conditions d’hygiène dans les entreprises de désalinisation de l’eau. « Difficile de dire si le problème vient [seulement] de l’eau ou s’il peut y avoir d’autres origines », a-t-il ajouté.

« En l’absence de mesures correctives immédiates, les dommages infligés à l’aquifère côtier seront irréversibles », est-il écrit dans le rapport des Nations unies.

Chaque année, 160 millions de mètres cubes (m3) d’eau en moyenne sont prélevés dans l’aquifère alors que les précipitations et les eaux de ruissellement des collines d’Hébron ne l’alimentent qu’à hauteur de 50 à 60 millions de m3. La différence entre la quantité d’eau disponible et la consommation est donc considérable. Le niveau de la nappe phréatique est par conséquent en chute, permettant ainsi l’infiltration d’eau salée.

Par ailleurs, le rapport prévoit que la demande en eau atteigne 260 millions de m3 en 2020, soit une augmentation de 60 pour cent par rapport à aujourd’hui.

 « Quand je donne une douche à ma fille, je dois la rincer une deuxième fois avec de l’eau en bouteille, car on peut littéralement sentir le sel collé sur sa peau », a dit Sami Abu Sultan, une travailleuse humanitaire de la bande de Gaza qui intervient dans des projets de purification de l’eau. « La plupart des gens estiment que l’eau que nous consommons n’est pas du tout salubre ».

Il semble en effet qu’ils aient raison : selon le rapport des Nations Unies, 90 pour cent de l’eau de l’aquifère n’est pas potable si elle n’est pas traitée.

« Ici, l’approvisionnement en eau pour la population ne remplit aucun des critères sanitaires qui existent dans le monde », a dit Mohamed al-Kashef. « La pollution de l’eau entraîne de nombreuses maladies, notamment chez les enfants. »

L’une des sources de pollution est l’intrusion d’eau de mer dans l’aquifère, alors que 90 000 m3 d’eaux usées sont reversés dans la mer chaque année et que les engrais agricoles, lessivés par l’irrigation, contaminent l’eau par les nitrates.

Dans la bande de Gaza, 500 000 personnes environ ne sont pas raccordées au réseau d’égouts et doivent donc utiliser des fosses d’aisance et des canaux d’écoulement à surface libre qui contaminent souvent l’environnement et polluent l’aquifère.

L’eau fournie par les réseaux municipaux étant polluée, environ 83 pour cent des foyers achètent de l’eau dessalée, qui absorbe jusqu’au tiers du revenu des familles. Or, même cette eau n’est pas toujours suffisamment propre. Par ailleurs, ceux qui n’ont pas les moyens d’en acheter utilisent des puits privés ou agricoles, souvent contaminés et pollués.